L’Université de
Liège vient de réaménager son ensemble de surfaces de culture en
phytotrons, vouées à la recherche fondamentale et appliquée en
biologie végétale.
Parallèlement,
d’une recherche menée au moyen de cet équipement par le
laboratoire de physiologie végétale de l’ULg est née la spin-off
Araponics, qui développe et commercialise un système original de
culture de petites plantes en hydroponie, c'est-à-dire sur
milieu nutritif liquide.
Fruit d’une
recherche fondamentale portant sur les réponses d’Arabidopsis
thaliana - la plante de référence pour la recherche en biologie
végétale – aux variations de CO2 dans l’atmosphère, Araponics a
mis au point un système d’hydroponie qui intéresse les
laboratoires de recherche. Ce système pourrait également
permettre à terme une production alternative de protéines
humaines par un hôte végétal.
Le premier
phytotron européen à Liège
Un phytotron est un «appareil à faire des climats » : une
enceinte dans laquelle les conditions de température,
d’humidité, la qualité de l’air et la lumière (la durée du jour
et de la nuit, l’intensité de lumière) peuvent à tout moment
être parfaitement contrôlées. C’est à l’Université de Liège que
fut ouvert, en 1950, le premier phytotron en Europe .
Aujourd’hui, avec un total de 15 chambres phytotroniques
individuelles (3 grandes, 9 moyennes et 3 petites), dont trois
nouvelles acquisitions en 2007, l’ULg dispose d’un des plus
grands parcs de phytotrons en Europe, entièrement dédié à la
recherche.
Les phytotrons sont des outils essentiels pour une large gamme
de recherches tant fondamentales qu’appliquées. Du point de vue
fondamental, le contrôle strict des conditions environnementales
garantit la reproductibilité des expériences et améliore la
qualité des analyses physiologiques ou génétiques (le phénotype
est « environnement-dépendant »). Du point de vue appliqué, les
études écophysiologiques permettent d’établir les conditions
optimales de culture végétale et donc d’augmentation des
rendements. Cela est important, par exemple, pour tester de
nouvelles variétés avant leur culture à grande échelle. Outre
leur importance dans le secteur alimentaire, les plantes sont
aussi la source de nombreux produits exploités comme parfums,
colorants, pesticides ou médicaments ; il est nécessaire de
maîtriser les conditions de croissance de ces plantes
productrices de métabolites secondaires.
Dans le laboratoire de Physiologie végétale de l’ULg, les
recherches récentes et en cours sont les suivantes :
Recherche fondamentale
- Croissance et développement des plantes supérieures (PAI -
Pôle d’Attraction Interuniversitaire)
- Etude du contrôle de la morphogenèse chez la tomate (Lycopersicon
esculentum Mill) : caractérisation des gènes Self Pruning et
Jointless (FRFC – Fonds de la Recherche Fondamentale Collective
- Recherche appliquée dans le domaine de l’agriculture
- Etude fondamentale des paramètres environnementaux influençant
la culture et le rendement de la chicorée industrielle (Région
Wallonne-DG Agriculture, partenaire industriel : Cosucra Groupe
Warcoing)
- Production de pollen et maîtrise de la transition florale chez
le maïs (Fédération nationale française des producteurs de
semences de maïs et de sorgho)
- Recherche dans le domaine de la production de substances à
haute valeur ajoutée et de médicaments
- raponics : production de composés végétaux à haute valeur
ajoutée (Région Wallonne-First Spin-off)
Une étude dans le domaine pharmacologique avec les laboratoires
Pierre Fabre Médicaments
Du phytotron
à la spin-off Araponics
Une recherche fondamentale, achevée en 2003, par une équipe
interdisciplinaire de l’ULg, montrait que la croissance des
plantes exposées à un doublement de la teneur en CO2 dans
l’atmosphère dépendait fortement de la disponibilité en éléments
minéraux. Pour contrôler les apports nutritifs à la plante de
référence de cette recherche, Arabidopsis thaliana, l’équipe de
Physiologie végétale a conçu et fait fabriquer un dispositif
inédit d’hydroponie, permettant la culture sur un milieu liquide
de cette plante de très petite taille.
Ce sont les
prémices de la spin-off Araponics. En effet, ce dispositif
décrit dans une revue scientifique en Open Access électronique,
a immédiatement suscité un vif intérêt auprès des laboratoires
de recherches publics (Max Planck, INRA, CNRS, …) et privés
(BASF, Bayer Cropscience, Monsanto, …) en Europe et dans le
monde.
Cet intérêt a poussé l’équipe de l’ULg à commercialiser son
système. Une bourse de pré-activité de la Région Wallonne a
permis de financer la conception et le prototypage par la
société liégeoise Simonis Plastic. Parallèlement un processus de
création d’une spin-off a été engagé. Il a abouti en juin 2007 à
la création d’Araponics s.a., capitalisée à hauteur de 95.000
euros, par les porteurs du projet (50%), les investisseurs
publics Spinventure s.a. (30%) et Gesval s.a. (5%), et les
investisseurs privés Epimède sprl (5%) et Antares Management s.a.
(10%).
Au-delà de la culture de plantes en hydroponie – avec des
produits qui pourraient également concerner prochainement le
grand public -, Araponics se diversifie vers des applications
biotechnologiques. Le laboratoire de physiologie végétale a en
effet développé un projet dans lequel différentes lignées
transgéniques d’Arabidopsis thaliana serviraient à la production
et à la sécrétion de protéines humaines d’intérêt. Plutôt que de
les accumuler dans leur biomasse, ces plantes seraient ainsi
capables, grâce au dispositif d’hydroponie, de larguer ces
protéines dans la solution nutritive par rhizosécrétion
(sécrétion par les racines).
La production de protéines en plantes s’impose comme une
alternative prometteuse alors que le marché des protéines - en
pleine croissance - voit ses capacités de production saturées
par les procédés classiques, principalement basés sur les
microorganismes. Des collaborations à l’ULg sont ainsi entamées
pour valider ce mode de production de protéines d’intérêt telles
que le lysozyme humain et le facteur de croissance IGF2.
Contact :
Pr Claire
Périlleux, chargée de cours, Physiologie végétale, Tel 04 366 38
33 -
cperilleux@ulg.ac.be
Pierre Tocquin, administrateur délégué Araponics s.a., Tel 04
366 38 32 – 0486 61 74 89 -
ptocquin@araponics.com