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Nous remercions
Claude Warzée pour son aimable autorisation
d'illustrer ce site
par ses photos
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La crise peut-elle
bénéficier aux pays
africains ?
Le 8ème Forum
Eurafric
Partners, une
manifestation
interentreprises
entre l’Europe
et l’Afrique se
tient jusqu’au
24 octobre à la
Cité
Internationale.
Décideurs
politiques et
industriels
africains et
européens se
rencontrent pour
nouer des
partenariats
relatifs à l’eau
et à l’énergie.
Et le contexte
de crise
financière donne
des idées à
certains.
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Responsables politiques
africains et acteurs de l’industrie spécialisés dans l’eau et l’énergie
se sont donné rendez-vous dans les travées du 8ème Forum Eurafric
Partners.
Alors que la moitié des
habitants d’Afrique subsaharienne sont privés d’eau potable - et que
celle-ci devient un bien de plus en plus rare à l’origine de conflits
passés présents et futurs – le FMI estime que pour diminuer ce nombre de
moitié d’ici 2015, les pays en développement ont besoin de 49 milliards
de dollars par an d'investissement dans le secteur de l'eau jusqu’à
cette date.
Une opportunité
unique…
Pour Bruno Jean-Richard Itoua, le ministre de l'Energie du
Congo-Brazzaville, la crise financière actuelle est une occasion rêvée
pour l’Afrique d’attirer les investisseurs, échaudés par les
investissements « virtuels » en bourse et qui devraient voir là
l’opportunité d’investir sur du concret, dans un secteur forcément amené
à se développer : selon ses mots, la crise financière et boursière
actuelle « devrait bénéficier à l'Afrique, car c'est le continent qui
s'en sort le mieux ».
Avant d’ajouter qu’ « au
lieu de spéculer sur les Bourses, les investisseurs devraient se
réorienter vers les zones qui s'en sortent le mieux », tel que le Congo,
qui dégage un excédent annuel brut de 2 milliards d'euros. |
Pour lui, comme pour le FMI,
l’Afrique étant le continent le plus pauvre, c’est logiquement celui qui a le
moins à perdre, et le nécessaire développement des pays africains offre des
perspectives économiques juteuses, à l’image de l’Europe au sortir de la
deuxième guerre mondiale. « L'Afrique est le continent qui s'en sort le mieux,
avec un fort potentiel de développement, et une croissance de 5 à 6% qui résiste
bien, tirée par les matières premières et la grande industrie », a-t-il
souligné, confirmant les prévisions du FMI jugeait le 10 octobre dernier que
l'Afrique subsaharienne serait certes affectée par la crise financière, mais
qu'elle conserverait une robuste croissance de 6,2% en 2009, après 5,9% en 2008.
Toujours selon M. Itoua, l'énergie, la téléphonie ou internet « et la
délocalisation de productions en provenances de l'Europe » sont les secteurs les
plus porteurs, cependant, il réserve un peu son optimisme, forcément dépendant
des banquiers : « c'est trop tôt pour voir les signes de cette réorientation,
mais nous espérons voir des négociations s'ouvrir d'ici la fin de l'année, une
fois que les banques auront pris un peu de recul ».
…ou un cercle vicieux ?
Mais tout le monde ne partage pas cet optimisme, en particulier dans les pays
africains beaucoup plus pauvres que le Congo, qui craignent une nouvelle fois de
payer les pots cassés de l’Occident, et qui s’inquiètent d’une probable baisse
de l’aide de ce dernier. C’est le cas par exemple de Moukaram Oceni, maire de la
capitale béninoise Porto Novo, lui aussi présent à la Cité Internationale : «
avec la crise, nous craignons que les engagements des pays du Nord de consacrer
un certain pourcentage de leur produit intérieur brut au développement des pays
du Sud soient de moins en moins respectés », expliquait-il à l’AFP.
Effectivement, cette crise est l’occasion de repenser un système et de
révolutionner la façon d’investir. L’Afrique pourrait tirer partie de ce
remodelage, si remodelage il y a, mais rien n’indique que la spéculation
boursière ne va pas reprendre de plus belle, maintenant que les banques sont
sauvées et renflouées. Aussi, quand bien même certains pays africains pourraient
bénéficier d’investissements sur des secteurs aussi cruciaux que l’eau ou
l’énergie, d’autres risquent de se retrouver délaissés, et de fait encore plus
en retard économiquement. Enfin, même si la crise amène des investissements
massifs en Afrique, reste à savoir à qui profiterons les bénéfices.
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22/10/08
par :
Stéphane
Rousset |
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