Qu’importe le flacon ?
« Le Beaujolais nouveau n'est pas un grand
vin ». Le verdict d’Alain Albert, œnologue
lyonnais, est sans appel.
A défaut, « le Beaujolais nouveau, c'est un
prétexte à la fête ! » comme s’en félicite
Franck Duboeuf, de la maison Georges Duboeuf,
qui n’oublie pas la petite touche marketing,
en précisant « d'autant plus nécessaire en
cette période de crise ».
Qu’importe l’ivresse, pourvu qu’on ait le
flacon, en somme. Il faut dire que le
Beaujolais nouveau, c’est surtout un
excellent produit commercial, exporté en
masse dans le monde entier. Et la maison
Georges Duboeuf en est le plus grand
négociant à l’export.
Le Beaujolais nouveau, c’est donc une bonne
affaire. Les producteurs ne s’y trompent
pas, puisqu’il représente une bouteille sur
trois de toute la production du Beaujolais.
Et sur les 45 millions litres de Beaujolais
nouveau produits chaque année, la moitié
part à l’étranger. Franck Duboeuf sera
d’ailleurs à New-York, ce soir.
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Dans la Grosse Pomme, on a vu les
choses en grand : la BBB (prononcez
« bibibi »), pour Beaujolais Biker
Brigade (prononcez « bojolèye »).
What is it ? Une brigade motorisée
constituée de 15 chefs qui
escorterons le fameux nectar
jusqu’au très snob restaurant de
David Bouley, dans le Lower
Manhattan.
Ce n’est rien comparé à Las Vegas,
où un hôtel a prévu de se faire
livrer le vin français par…
hélicoptère.
Vous avez dit « too much » ? Surtout
que les vrais fanatiques du
Beaujolais nouveau se trouvent de
l’autre côté du Pacifique, au Japon,
premier importateur mondial. |
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De NYC à Tokyo
Pour l’occasion, le budget publicitaire
d'Inter Beaujolais est de plus d'un million
et demi d’euros. Un tiers rien que pour les
papilles du pays du soleil levant. Il faut
leur reconnaître un avantage, et de taille :
de part la position géographique de l’île,
comme pour le nouvel an, ils sont les
premiers au monde à déboucher, et goûter le
Beaujolais nouveau.
Cette année, c’est l’artiste français Ben
qui a été sollicité pour une grande campagne
d’affichage dans les métros de Tokyo et
d’Osaka. Comme à son habitude, Ben s’est
contenté d’écrire une phrase d’une
simplicité enfantine, dans la calligraphie
(tout aussi enfantine) qui l’a rendu célèbre
: « Le nouveau est arrivé ». A Roppongi, un
quartier branché de Tokyo des écrans
égrènent le compte à rebours jusqu’à l’heure
fatidique.
Il faut dire que si chez nous, personne ne
se gêne pour appeler piquette ce vin dont la
bouteille se vend une poignée d’euros, au
pays des samouraïs, la même bouteille est
commercialisée autour de 25 euros. Le prix
d’un Château Latour de 1977.
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20/11/08
par :
Stéphane
ROUSSET
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