Dans un article publié sur ce site et qui a servi de modèle
de communication vers les politiques liégeois et wallon, je
parlais du Libertas I, bateau école de la province dont la
vétusté menaçait le futur de l’école de batellerie qui
l’utilisait. (voir l’article en cliquant sur ce lien). Il
semblerait que le message ait porté ses fruits puisque lors
d’une conférence de presse qui s’est tenue ce jeudi 12 mars,
la mise en chantier du Libertas II est annoncée. Le
communiqué dit notamment que le nouveau bateau permettra
d’abord de pérenniser les formations données actuellement,
mais permettra d’envisager des nouvelles formations:
|

Maquette du nouveau bateau école |
C’est bien entendu une excellente nouvelle au moment où le
transport par voie fluviale devrait prendre un essor
particulier mais aussi où les nouvelles techniques de
navigation évoluent.
Sauf
à laisser notre transport être repris à terme par des
bateaux néerlandais, luxembourgeois, allemands ou français,
la prise de conscience de cet intérêt économique est vitale
pour la Wallonie : former de futurs capitaines, de futurs
matelots, assurer la formation continuée des bateliers aux
nouvelles technologies (radar, GPS), aux nouvelles
techniques de logistiques (ex. les containers), aux normes
de sécurités, aux opérations de chargements et de
déchargements, aux transports des matières dangereuses
(biocarburant, gaz) seront autant de missions de formations
qu’une école moderne de batellerie devra prendre en charge.
Le communiqué conclut
sur le fait que l’économie moderne se caractérise par une
mondialisation des marchés se traduisant par une forte
croissance des échanges et, partant, du transport des
marchandises. La voie d’eau et tout particulièrement, pour
la Wallonie, la Meuse et son accès au port d’Anvers via le
Canal Albert constitue un atout indéniable et une réponse au
défi de la croissance du transport terrestre des
marchandises. Contrairement aux autres modes de
transport, souvent confrontés à des difficultés de
congestion et de capacité, la navigation intérieure se
distingue par sa fiabilité et dispose d’une grande capacité
inexploitée.
Au cours des 15 dernières années, la flotte a été
continuellement modernisée. Non saturée, la voie d’eau
offre un acheminement sûr, ponctuel, de grande capacité qui,
de plus, entre sans bruit et sans nuisance au cœur même des
agglomérations les plus encombrées. De plus, elle garantit
dans ces mêmes agglomérations un degré élevé de sécurité, en
particulier pour le transport de marchandises dangereuses.
Évidemment, le développement de la voie d’eau passe par une
augmentation du nombre de bateaux, de leur tonnage et par un
trafic fluvial plus intense. La batellerie ne se
développera que pour autant que l’on trouve suffisamment de
capitaines, de matelots et d’hommes de pont. Cet apport en
hommes ne peut plus se fonder sur la seule tradition
familiale, la pyramide des âges des bateliers encore en
fonction le montre clairement.
La Wallonie a besoin d’augmenter le nombre de professionnels
formés et compétents.
Par ailleurs, un transport fluvial n’est rien d’autre
qu’une entreprise de transport utilisant la voie d’eau.
Comme toute entreprise, elle doit être et rester
compétitive face à la concurrence européenne. Pour cela,
elle doit intégrer à bord toutes les innovations
technologiques.
Un outil de cette importance doit servir les intérêts de
tous. La recherche et le développement pour le secteur,
l’université et les hautes écoles, la formation des
demandeurs d’emplois ou des travailleurs par les Centres de
Compétence .
De façon éclatante, un tel outil témoignera, à l’instar de
nos aéroports, de l’importance stratégique du secteur
logistique en Wallonie, et ce en relation avec le Plan
Marshall. Dans cette optique, ce bateau sera une
exceptionnelle vitrine technologique lors de ses
déplacements à travers les agglomérations situées au bord
des voies d’eau wallonnes (Liège, Namur, Charleroi,
Bruxelles), voire même en Flandre ou à l’étranger ; il
traduira clairement la volonté de la Région de soutenir le
transport par voie d’eau en tant qu’alternative durable et
compétitive au transport routier et ferroviaire.
A sa manière, le bateau mettra aussi indirectement en
évidence les principales réalisations prévues dans ce
secteur : Trilogiport, mise au gabarit de 4500 T de
la Lys mitoyenne, travaux au pont de Comines, réfection des
barrages de Kain et Hérinnes, suppression du goulet du Pont
des trous, travaux concernant le canal de Pommeroeul à Condé
et les écluses d’Ampsin-Neuville, Yvoz-Ramet, Hensies,
Pommeroeul, mais aussi réintégration du réseau wallon au
coeur des projets transeuropéens.
L’achat d’un bateau école technologiquement performant est
certes un investissement important mais il importe de
mesurer à sa juste valeur son impact sur l’économie de la
Région wallonne (en terme d’emplois notamment, le taux
d’insertion des étudiants étant de 100% ces trois dernières
années) et de prendre en compte que la durée de vie d’un tel
outil va bien au delà de 50 ans (le bateau actuel a plus de
80 ans).
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informations sur l’Ecole de la Batellerie
Active depuis plus de 25 ans et située à l’Ecole
Polytechnique de Huy, sur la rive gauche de la Meuse, seule
notre école de batellerie est reconnue par le SPF/MT en
région wallonne.
FORMATIONS ACTUELLES
Nous organisons actuellement les formations suivantes :
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Au CEFA
(centre d’éducation et de formation en alternance)
:
Deux formations y sont actuellement organisées et ce
depuis de nombreuses années :
• matelot (2 années d’études en navigation),
• batelier (4 années d’études en navigation).
Les profils de formation de ces métiers sont bien
établis et reconnus. Il faut néanmoins garder à
l’esprit que ces études comprennent, selon leur
niveau, des formations au terme desquelles nos
élèves peuvent recevoir différents titres tels que :
• le certificat de conduite de bateau de navigation
intérieure (dès 18 ans),
• la patente du Rhin (dès 21 ans),
• le certificat restreint de radiotéléphoniste de
station de navire,
• le brevet de radariste (préparation à la patente
radar du Rhin),
• l’attestation relative aux connaissances
particulières de l’ADNR,
• l’attestation de secouriste (ou de premiers
secours),
• le certificat de gestion et/ou l’accès à la
profession d’entrepreneur en transport fluvial. |

L'ancien Libertas
|
Dans l’Enseignement de Promotion Sociale :
• ADNR : formation continuée des bateliers permettant
l’octroi ou la prolongation du brevet nécessaire pour
transporter des matières dangereuses ;
• préparation à la patente radar pour le Rhin : formation
continuée pour bateliers désirant naviguer à l’aide de radar
sur les voies fluviales européennes ;
• matelot en navigation fluviale : formation de matelot (en
collaboration avec le FOREM Logistique de Liège,
cette formation pour demandeurs d’emploi permet aux
capitaines et armateurs de disposer du nombre d’hommes
d’équipage exigé par les normes européennes) ;
• NTIC pour mariniers : formation continuée des bateliers
permettant d’intégrer les nouvelles technologies dans la
gestion de leur entreprise. Cette formation tient compte du
déplacement du bateau dans les connexions informatiques.
FORMATIONS QUE LE NOUVEAU BATEAU PERMETTRA DE DONNER
Au CEFA :
• une 7e
PB délivrant le CESS et donnant accès aux
études supérieures. Durant cette année, les élèves se
perfectionneraient en logistique : transport et
techniques de chargement de matières sèches, de matières
dangereuses, de matières liquides, etc. ;
• collaboration avec l’IUT de Chalon-sur-Saône dans le
cadre d’échanges d’élèves et de mise en place de stages
de formations professionnelles spécifiques.
Dans l’Enseignement de Promotion Sociale
:
• accès à la profession d’entrepreneur en transport
fluvial,
• permis de plaisance :
- brevet de conduite restreint,
- brevet de conduite général,
• formation des équipages de bateaux logements,
• formation en logistique fluviale (en partenariat avec
l’IUT de Chalon-sur-Saône),
• formation pratique à vocation applicative multimodale
dans le transport international à dominante fluviale,
• transport international des marchandises,
• tourisme fluvial,
• formation du personnel éclusier, des pompiers, du
personnel de la protection civile,
• nouvelles formations et formations continuées des
équipages : évolution réglementaire.
Au CEFA et dans l’Enseignement de Promotion Sociale :
• formation pour les bateaux à passagers (expert en
navigation à passagers, secouriste, porteur d’appareil
respiratoire),
• conseiller à la sécurité (matières dangereuses
multimodales),
• formation de sécurité sur les bateaux citernes,
• manutentions portuaires : formation pour le personnel
de quai, manutention de conteneurs (Trilogiport),
procédures de chargement/déchargement (ex. Biowanze/Prayon),
• formation sur les économies de carburant (cleanest
ship);
• formation à l’AIS (Système d’Identification
Automatique),
• formation au RADAR overlay,
• formation au DGPS (Differential Global Positioning
System),
• formation au RIS (River Information Services),
• modules de formation spécifiques en langue
(néerlandais, allemand et anglais) pour le trans-port et
la navigation,
• utilisation du détecteur de gaz et du matériel de
sécurité,
• GMDSS de base,
• expert jaugeur en navigation intérieure,
• sécurité opérationnelle à bord des bateaux citernes,
communication standardisée (vocabulaire, communication,
etc.).