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Nous remercions
Claude Warzée pour son aimable autorisation
d'illustrer ce site
par ses photos
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Mais que vaut la France en
2008 ?
Quelques réflexions de Jacques Marseille
par René G. Thirion
Conseiller marketing
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Beaucoup d'affirmations,
tenant plus du fantasme que de la réalité scientifique, sont
faites sur la France, ce pays voisin et frère de notre Wallonie.
Bien entendu, ce pays important de l'Union
Européenne, affronte les mêmes difficultés que tous les partenaires européens.
Mais son système politique a l'avantage de ne pas présenter la cacophonie belge.
L'élection à deux tours clarifie la situation politique.
Quand une président est nommé, et dans la
cinquième république c'est lui qui rassemble entre ses mains tous les pouvoirs
de l'Etat, l'on est sûr que pendant 5 ans, l'orientation économique restera plus
ou moins la même. De quoi rassurer les chefs d'entreprises sur le moyen terme.
Cela ne peut empêcher une instabilité due à une mondialisation économique, mais
un certain lissage des réactions se fera naturellement.
Tout à fait le contraire de la Belgique où
l'on se demande sans arrêt si le gouvernement passera le mois, si la tendance
gauche va l'emporter sur la droite, si de nouvelles lois régionales vont changer
les règles du jeu, j'en passe et des meilleurs.
Comme je le prône depuis des années, la France
est donc le marché de Cocagne pour l'économie wallonne et pour ses entreprises.
Déjà dans les années 90 j'avais organisé une conférence sur l'amélioration des
rapports commerciaux avec la France à Initiatives, le salon des
entreprises à Liège.
Je reste convaincu que nos chefs d'entreprises
sont beaucoup trop frileux et se tournent vers la grande exportation, avec
parfois les déboires que l'on sait, plutôt que vers ce pays qui est une des
locomotives de l'Europe. Je connais des exemples d'entreprises liégeoises qui ne
font leur chiffre d'affaires au niveau mondial que par l'intermédiaire d'une
grosse société française.
| Cela devrait faire réfléchir plus d'un. Et
pour les conforter dans la décision qu'il pourrait prendre, je ne puis
m'empêcher de donner les constations données dans un article de Jacques
Marseille dans le journal "Le Point" du 31 juillet.
Auteur de "La Guerre des
Deux France", Prix Jean Fourastié 2005, Jacques Marseille est
historien économiste, professeur à
l'université Paris 1-Sorbonne et bien connu des wallons qui suivent les
émissions informatives de "C dans l'Air" sur TV5.
Laissons-lui la parole: |
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1) Si
la croissance économique de la France apparaît faible depuis le
début des années 90, la France reste quand même la sixième puissance
économique mondiale derrière les Etats-Unis, le Japon, la Chine,
l'Allemagne et-hélas pour notre orgueil-la Grande-Bretagne. Mais, avec
seulement 1 % de la population mondiale, elle assure 4,7 % du PIB
mondial, reste le 5e exportateur de marchandises, le 2e exportateur
mondial de produits agroalimentaires, le 4e exportateur de services, la
3e destination de l'investissement étranger (en moyenne ces dernières
années), et la 2e terre d'accueil pour les foires, Salons et congrès
internationaux.
2) Si la France
vieillit et voit s'accroître le poids de sa population dépendante,
elle fait figure d'exception heureuse à l'aune d'une démographie
européenne où ne se comptent plus les pays totalement sinistrés comme
l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie et les pays de l'ancienne Europe de
l'Est, où la chute de la fécondité va entraîner une baisse dramatique de
la population. Pour en prendre la mesure, il suffit de savoir que sur 10
nouveaux Européens enregistrés chaque année, plus de 6 sont français !
Un atout de premier ordre qui fait écrire à l'Institut d'économie de
Cologne que la France devrait ravir à l'Allemagne son titre de première
économie de la zone euro dès 2035. Selon cet Institut, « l'économie
française devrait croître deux fois plus vite que l'économie allemande
entre 2025 et 2035 ».
3) Si la France a vu
fondre ses emplois dans l'industrie et sa balance commerciale
fortement se dégrader, elle est devenue, dans un secteur aussi
traditionnel et « sinistré » que l'industrie textile, le deuxième
producteur européen de textiles techniques (maison, transport, santé,
soubassement des routes) après l'Allemagne. Avec 200 000 salariés,
l'industrie textile française réalise un chiffre d'affaires de 25
milliards d'euros alors que les 2 millions de salariés en Turquie ne
réalisent que 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires. C'est assez
dire la valeur ajoutée d'une branche qui, en moins de trente ans, a
réussi sa reconversion et gagné sa place dans la mondialisation.
4) Qui connaît enfin
les atouts de la France en logistique, une branche qui représente 8
% du PIB européen ? Véritable façade atlantique du continent européen,
carrefour naturel entre l'Europe du Nord et le Bassin méditerranéen, la
France occupe une place majeure dans la logistique mondiale. Et, là
encore, un récent rapport du cabinet d'audit McKinsey cite la France
comme étant le pays d'Europe présentant le meilleur rapport qualité/prix
pour s'implanter et y développer des activités commerciales.
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Pour tous ceux qui sont intéressé par les
études de cet auteur et surtout par ses constatations sur l'état de la France,
je vous conseille de visiter régulièrement son site "www.jacquesmarseille.fr".
2 août 2008
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